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Vélo et zones à trafic limité, les raisons du succès en Italie du nord

Le Mercatour en Italie du Nord

  Des pistes bi-directionnelles larges le long de la côte Adriatique au nord de Pescara
Des pistes bi-directionnelles larges le long de la côte Adriatique au nord de Pescara

 

Premiers tours de roues en Italie à travers le Piémont, la Lombardie, l’Emilie-Romagne, les Marches et les Abruzzes. Et premières surprises. Dans le pays de Fiat, Ferrari, Masserati et autres Lamborghini, le vélo reste très présent, surtout dans les villes petites, grandes ou moyennes de la large plaine du Pô. Certes nous avons tous en France, au moins dans notre petit monde du vélo, entendu parler de Ferrare et de ses plus de 30% de part modale mais loin d’être une exception, il s’agit plutôt d’une fourchette haute en Emilie-Romagne où le vélo est presque partout supérieur à 10% dans les déplacements urbains : 16% à Padoue, 7% à Bologne, 18% à Reggio nell’Emilia…

 

Nous sommes au mois de mars, il fait entre 3 et 8° mais les vélos sont légion dans les zones à trafic limité d’Emilie Romagne.

 

Surprise aussi quant aux usagers ou plutôt aux usagères car contrairement à la France, la majorité des cyclistes sont des femmes, de tous âges et de toutes classes sociales. Paolo et Erica qui nous accueillent le premier soir vont tous deux travailler en train+vélo, lui en embarquant son vélo dans le train pour Oulx, elle en stationnant son vélo à la gare et en utilisant les vélos en libre service de Turin. Les conditions de stationnement en habitat collectif sont comme chez nous difficiles, chez eux pas un garage collectif, ni même un abri extérieur. Contrairement à la France, la part modale du vélo chez les personnes âgées en Emilie-Romagne est très élevée, moindre chez les actifs et faible parmi les scolaires. Le vélo est très utilisé par les immigrés d’Afrique noire, venant surtout d’Erytrée et de Somalie, alors que le vélo est peu utilisé en France par les personnes originaires d’Afrique de l’Ouest. Si le vélo est très répandu parmi les étudiants des grandes villes universitaires comme Bologne, les enfants à vélo sont rares dans les rues.

 

Surprise également quant aux motifs de déplacements. Là où en France, le motif achat se retrouve en queue de peloton, il est ici largement devant. Panier à l’avant, sacoches ou panier à l’arrière, les vélos sont légions à la porte des commerces… Une image presque inversée de notre situation française.

 

Alors comment expliquer ces bons résultats ? Certes, le vélo est à l’aise dans les villes plates d’Emilie-Romagne, du Piémont, de la Lombardie et de la Vénétie mais il reste rare dans des villes escarpées comme Ancône.  Par la qualité des aménagements cyclables ? Nous trouvons en effet quelques bonnes pistes bi-directionnelles sur la plupart des grands axes d’entrée de ville le long de la Via Emilia qui mène de Parme à Rimini sur la côte Adriatique. Certaines simples et bien réalisées en rétrécissant des chaussées trop large par la pose de simples bordures béton basses, d’autres moins heureuses sur trottoir, avec les mêmes défauts que les nôtres de gestion des entrées et sorties d’aménagement et de pertes de priorité avec les voies adjacentes.

 

La principale explication de ce succès tient avant tout à la très large diffusion et à la qualité des ZTL, les zones à trafic limité qui viennent fortement limiter le trafic dans de vastes zones centrales : 5km de traversée ouest-est à Bologne, 3 km à Reggio nell’Emilia mais encore 1 à 2 km dans des petites villes. Traverser la ville à vélo devient un réel plaisir, peu de bruit, très peu de trafic, des vélos (et des piétons) partout, de magnifiques centres historiques avec de larges places retrouvant leur faste et leur vie… et une structure commerciale de petits commerces très actifs, notamment de commerces alimentaires ou du quotidien.

 

Très peu de bornes rétractables, aucun poteau. Certaines grandes villes contrôlent par lecture vidéo des plaques autorisées, la majorité avec du personnel municipal. Le niveau de respect y est très élevé avec des verbalisations fortes (140 €) en cas d’infraction. Il ne s’agit pas non plus d’aires piétonnes. La voiture y est admise, pour certains motifs, certains usagers (notamment riverains) ou raison majeure, mais limitée. Dans ce contexte, le succès du vélo tient avant tout à une réelle efficacité du vélo : rapide et simple d’aller faire ses courses, d’aller faire des démarches en ville, simple pour se stationner.

 

Une autre raison de ce succès nous est donnée un soir  par Paolo, professeur de microbiologie à l’université de Reggio Emilia et Bologne mais aussi passionné de vélo : à la sortie de la 2ème guerre, dans un pays en reconstruction, le vélo a été pour les femmes un véritable moyen d’émancipation de la tutelle masculine, un moyen de mobilité efficace et autonome. « Vous pourrez leur enlever le permis de conduire, leur enlever leur voiture mais en aucun cas vous ne pourrez toucher à leur vieux vélo, premier symbole de liberté ! ».

 

Sur la côte Adriatique entre Rimini et Pescara, toutes les stations balnéaires ont fait le choix du vélo pour la mobilité de proximité du fait notamment d’un manque d’espace de stationnement mais aussi pour mieux répondre à leur clientèle Allemande et d’Emilie-Romagne. Les pistes bi-directionnelles de 3 à 4 m sont réalisées côté mer en réduisant une ligne de stationnement ou dans les secteurs étroits, en revoyant le plan de circulation avec une mise en sens unique des voies côtières. Quelques connexions sont réalisées directement sur la plage avec un platelage bois assez roulant. Seul regret, la connexion de ces pistes n’est ni complète, ni signalisée, ce serait pourtant une belle opportunité de réaliser de nouvelles sections d’EuroVelo.

 

A Bari, nous sommes accueillis par Raffaele Sforza, le Monsieur vélo de la Région des Pouilles qui vient d’inaugurer une toute nouvelle vélostation. 200 places de stationnement gardiennées dans un espace rénové au magnifique design, location de vélos de bonne facture, notamment pliants, en courte et longue durée. Les locaux ont été mis à disposition de Trenitalia, ils seront prochainement transférés à la Région dans le cadre de la loi de décentralisation ferroviaire.  Les investissements (200 k€) ont été faits par la Région. La gestion a été confiée à « Veloservice » une structure qui gère déjà une équipe de vélo-taxis dans la ville. L’objectif est d’en faire une véritable « Maison du vélo » au service des cyclistes urbains et des voyageurs. La maison est équipée de douches, permet de laisser des bagages en sécurité pendant la visite de la ville.

 

Nicolas Mercat

 

La suite des aventures de Brigitte et Nicolas Mercat sur leur site

 

 

 

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